La Génération C peu expressive sur le web
Dans un sondage de Léger Marketing rendu public cette semaine lors du colloque traitant de la Génération C, organisé par le CEFRIO à Québec, on décortiquait avec force chiffres les comportements de cette génération située entre 12 et 24 ans. Ce qu’il y a d’intéressant avec les sondages, c’est que sous les chiffres présentés, se cachent parfois des réalités qui ne sont pas toujours visibles de prime abord. Dans le cas présent, ce qui a particulièrement retenu mon attention, c’est l’aspect de la production de contenus par la Génération C.
Selon le sondage Léger Marketing:
- 5 % des jeunes écrivent dans un wiki;
- 8 % font connaître leur opinion sur un produit donné;
- 12 % transfèrent des vidéos vers des sites comme YouTube;
- 13 % téléchargent des photos vers un site comme Flickr.
Voilà des chiffres qui démentent la fameuse démocratisation de l’expression tant vantée par les chantres du Web qui, depuis l’arrivée des blogues au début des années 2000, nous ont dit que les citoyens passeraient maîtres dans la production d’information. Il semble que ce ne soit pas le cas. Par ailleurs, Selon Bill Tancer, analyste pour Hitwise ete auteur du livre « Click », on observe la distribution suivante pour toutes les tranches d’âges:
- 90 % de ceux qui visitent un blogue ou un site participatif ne participent pas;
- 9 % contribuent de temps à autre par des commentaires;
- 0,9 % sont des contributeurs actifs;
- 0,1 % sont des générateurs de contenu.
Peut-on parler de force démocratique quand la production d’information sur un blogue est limitée à une si faible portion d’internautes, soit 0,1 %. Pour ce qui est des jeunes, ou pourrait soutenir que ceux entre 12 et 18 ans n’ont pas encore toutes les compétences requises pour produire des contenus bien ficelés et argumentés. Au-delà de 18 ans, l’argument ne tient plus, car plusieurs d’entre eux sont de niveau collégial ou universitaire, donc largement en mesure de produire des contenus de qualité. On est forcé de constater qu’écrire un petit billet ou un commentaire sur Facebook, un blogue ou Twitter est à la portée de tout le monde. Par contre, rédiger un contenu à valeur ajoutée exige du temps, de l’analyse, une méthodologie et certaines compétences dans un domaine donné.
En fait, le comportement de la Génération C n’est pas tellement différent de ce qui se passe en société. En dehors du monde virtuel, peu de gens produisent des contenus. L’univers du Web et des médias n’est que le reflet de ce qui se passe et s’est toujours passé depuis longtemps dans la société.
Le point positif, c’est que la Génération C, avec sa capacité de maîtriser plus rapidement les outils technologiques, risque de faire augmenter le nombre de personnes qui produiront des contenus originaux et à valeur ajoutée. Cette augmentation ne sera sûrement pas de l’ordre de 5% ou de 10 %, ce qui relèverait du miracle, mais elle sera assez significative pour donner une impulsion intéressante et créatrice.
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