Google en dix leçons qui ont ébranlé le monde

28 octobre 2009 17:34 0 commentaire

Un des avantages de Twitter est de vous amener l’information sans avoir besoin de la chercher. Nous publierons d’ailleurs d’ici peu un grand tour des avantages de Twitter en veille par Éric Delcroix. Pour l’instant, Twittter n’est que le tremplin pour parler de Google. Steve Case, le fondateur d’AOL que je suis sur Twitter, signalait hier à ses «followers» un article de Fortune fort intéressant à propos de Google. Rien de moins qu’un coup de chapeau d’un pionnier à l’égard d’une entreprise qui mérite tous les éloges.

L’article est une contribution spéciale de Ken Auletta dont le livre, Googled: the End of the World as We Know It, est lancé la semaine prochaine. L’auteur y livre les dix leçons qu’il a apprises de Google en faisant sa recherche.

1- La passion l’emporte au-delà de la chance. Il cite Michael Morris qui a fait partie des investisseurs du début dans Yahoo et Google. L’ingrédient passion explique pourquoi les fondateurs de Yahoo, Jerry Yang et David Filo, ont choisi de ne pas s’impliquer à plein temps, quand ils l’ont pu, dans l’entreprise qu’ils ont fondée, contrairement à ceux de Google, Larry Page et Sergey Brin, qui ont mis leur âme dans l’entreprise en plus de leurs énergies.

2- Savoir garder le focus distingue aussi Google, malgré les apparences. Auletta crédite Eric Schmidt, qui préside aux destinées de l’entreprise depuis environ 5 ans, pour avoir su garder Page et Brin dans leur droit chemin.

3- On ne sera pas étonné que la passion sans vision serait inopérante. Le refus des publicités non pertinentes aux requêtes de recherche témoigne que la vision de la direction, axée sur l’intérêt des utilisateurs d’abord et avant tout, avait primé sur ceux de l’entreprise de s’en mettre plein les poches.

4- L’esprit d’équipe cher à Google l’incite à laisser ses employés, paradoxalement, occuper 20% de leur temps de travail à des projets personnels qui leur sont chers.

5- Chouchouter ses ingénieurs fait aussi partie de la recette Google. C’est peu étonnant pour une entreprise technologique qui dépend de leur créativité. Encore là, Google semble en faire plus que les autres en sachant que Page, Brin et Schmidt passent une grande partie de leur temps avec leurs ingénieurs.

6- Mettre le client sur un piédestal fait partie de l’approche. Sauf que le client, c’est l’utilisateur aux yeux de Google bien plus que les annonceurs qui lui procurent 97 % de ses revenus. L’auteur ajoute que Google fait partie des marques les plus respectées parce que ses services sont gratuits et ergonomiques. Je mettrais un bémol personnellement pour cette dernière qualité. La navigation dans les applications Google est loin d’être aussi conviviale que l’utilisation d’un iPod ou d’un Mac.

7- Google maîtrise l’ambiguité fondamentale des entreprises technologiques qui doivent à la fois compétitionner et collaborer entre elles, contrainte qu’on résume par le concept de coopétition. Les rapports conflictuels de Google avec les média prennent leur source dans cette orientation. En aggrégeant leurs contenus, l’entreprise devient un carrefour qui les prive de milliers d’accès directs éventuels tout en leur apportant probablement autant de traffic qu’ils n’auraient pas eu.

8- Demeurez fidèles à vos origines en dépit des erreurs. Centrée sur quelques intuitions accordant toujours la primauté aux facteurs humains, au bénéfice des utilisateurs et des employés, Google n’a pas toujours été logique dans ses choix d’affaires. En pensant d’abord aux intérêts de ses utilisateurs, l’ambition de numériser tous les livres a amené l’entreprise à devoir négocier avec l’industrie du livre des conditions qui lui ont limé quelque peu les ailes.

9- Il n’y a pas de certitude. Aujourd’hui, c’est Google. Hier c’était AOL comme s’en souvient très bien Steve Case sur son compte Twitter. On peut d’ores et déjà affirmer que Microsoft a plus de passé que d’avenir. Cité par Auletta, Clayton Christensen, historien des affaires à Harvard et auteur d’un livre incontournable sur la question, The Innovators Dilemma, voit déjà le même phénomène poindre chez Google. Je dois dire qu’il a de bons yeux.

10- Chaque problème devient une opportunité pour Schmidt qui croit que la vie finit par tout arranger.

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