Des amateurs de bières artisanales entraînent l’industrie locale sur le web social
novembre 12, 2009 par Suzanne Lortie
Classé dans En survol, Étude de cas
Si vous tapez « bière réseaux sociaux » sur Google ces temps-ci, le premier résultat de votre recherche sera Bières du Québec. Il y a un mois à peine que le blogue de Bières du Québec a été débouché. Deux jours plus tard, ça trinquait sur Facebook. Dans quelques semaines, ce sera un nouveau répertoire exhaustif des bières artisanales québécoises, des microbrasseurs et brasseries d’ici que Bières du Québec mettra en ligne, « pour savoir ce qui se brasse ».
Éric Collard, directeur de production chez K3 Media, Jonathan Paquette et deux autres complices sont en train de peaufiner leur bottin. Ils ne sont pas producteurs ou chroniqueurs. Ils sont des amateurs mettant à profit l’expertise de K3.
L’aventure est en train d’aboutir avec fiches et photos d’étiquettes, cartes exhaustives des points de vente et des brasseurs, blogue et blogoliste (liste de blogues pertinents), page Facebook, etc. Après avoir contacté 70 brasseurs, vérifié 200 points de vente, répertorié 800 produits, ça risque de donner soif. Après tout, c’est toujours chouette de boire socialement.
Bières du Québec ne sera pas le premier répertoire en ligne du monde brassicole québécois. Bières et Plaisirs, une revue spécialisée consacrée à la bière, au terroir et à la gastronomie a un bottin très bien garni d’adresses de brasseurs artisanaux, de pubs, de brasseries et de fournisseurs. Ce journal a deux éditions fouillées : une pour le Québec et l’autre pour l’Europe. Bières du Québec apportera une voix de plus à l’effervescence, en se concentrant exclusivement sur la diffusion par les médias sociaux des voix des amateurs, producteurs et distributeurs.
Selon Cindy Rivard, fondatrice et vice-présidente de MaltBroue, il n’y a que des passionnés dans le monde brassicole. MaltBroue est une ferme-malterie de Cabano produisant des malts spéciaux destinés à la fabrication des bières de dégustation. Au Québec, seulement deux fermes offrent ces malts aux brasseurs locaux.
Cindy Rivard ne se contente pas d’être pionnière avec sa ferme. Blogueuse elle-même, passionnée de terroir et de réseaux sociaux, elle a récemment monté une première liste Twitter du monde brassicole. La liste est courte, mais ce n’est qu’une petite fenêtre sur le réseautage réel que les brasseurs et artisans pratiquent sur le terrain.
Plusieurs producteurs, pubs et brasseries misent déjà sur Facebook et sur les blogues. Il reste cependant beaucoup de sensibilisation à faire selon elle pour passer en bonne et due forme au web social si on tient compte que la majorité de ces petites ou nanoentreprises n’ont qu’un site/vitrine pour attirer les amateurs.
Ça brasse à tous points de vue au Québec. Dans sa planification stratégique, l’Association des microbrasseries du Québec (AMBQ) ne vise rien de moins que de faire passer la part de marché des bières du Québec de 4,5% à 12% en dix ans. Ce vaste chantier du « boire local » est aux prises avec les mêmes enjeux que les autres spécialités en agro-alimentaire au Québec : sensibilisation de la clientèle, réglementation, et accès aux tablettes.
Mais les amateurs peuvent compter sur la force du milieu : la famille brassicole produit des bières de qualité, est unie et dynamique. Et surtout, elle croit profondément à ce qu’elle fait. On risque sans coup férir de rencontrer sur le blogue de Cindy, sur Bières du Québec et sur les forums qui continuent de naître un peu partout, des histoires de passion.



Très bon billet Mme. Lortie. Espérons que les brasseurs et artisans d’ici utiliserons de plus en plus les réseaux sociaux.
Les deux autres complices de Bières du Québec sont Jean-Philip Thibault et Danny Turcotte.
Par ailleurs le lien de la liste Twitter de Cindy Rivard mène vers celle de Bières du Québec.
À bientôt!