2 de 2 – Nouvelle décennie, nouvelle révolution : fusion du réel et du virtuel
(NDLR: Voici enfin la suite du dossier de Martin Lessard sur la réalité augmentée) Nous avons vu la dernière fois que la prochaine révolution numérique prendra racine dans ce qui s’appelle « réalité augmentée », où des objets communicants rendront poreuse la frontière entre le réel et le virtuel, connectant les données et les choses, les humains et leur environnement. Après l’Internet des communautés, c’est l’Internet ambiant des objets communicants qui marquera le grand public.
La réalité augmentée (augmented reality) est la fille des simulateurs et autres cinémas 3D immersifs et lourds à mettre en place. Contrairement à ses prédécesseurs, elle utilise toutefois peu de bande passante, une basse définition et un usage constant du réseau via les mobiles intelligents et des technologies abordables comme des webcaméras (voir vidéo qui explique la distinction entre le virtuel et la réalité augmentée)
Trois catégories
Dans la première partie, on est passés à travers la première catégorie qui explore le potentiel de simulation de l’ordinateur via de nouvelles interfaces. La deuxième et troisième catégorie touchent à la surimpression de données en ligne au monde ambiant et à la mise en commun massive d’information provenant d’objets communiquant entre eux, rendant ainsi caduque la séparation en-ligne et hors-ligne.
Categorie 2: Explorer le 3D avec le 2D
La deuxième catégorie est plus prometteuse que la première (où on fait l’inverse : « Explorer le 2D avec le 3D »), particulièrement lorsqu’elle est associée à la mobilité. Le téléphone mobile donne accès à Internet et tout type de mappage devient possible avec l’avancée des mobiles intelligents (GPS, caméra, senseurs), le iPhone et les appareils utilisant le système Androïd de Google au premier plan. On assiste à la convergence du local, des réseaux sociaux, du temps réel et de la réalité augmentée. Une véritable révolution est à prévoir pour le tourisme, le commerce local et les services de proximité.
Dans cette catégorie, il est moins question d’influencer ce qui se passe à l’écran que de voir l’écran influencer nos actes dans la vraie vie.
Exemple 6: Contextualisation de la réalité
Layar, qui se targue d’être le premier fureteur de réalité augmentée pour mobile intelligent en contrôlant la reconnaissance de position et du mouvement, permet « d’ajouter » des informations sur notre environnement et de s’orienter. Les éditeurs de guides ou les plateformes web hyperlocales devraient emboîter le pas à Lonely Planet qui a annoncé à la mi-décembre que son application Androïd couvrirait 5 villes américaines en recourant à Wikitude, un concurrent de Layar.
Exemple 7: Réalité assistée
Le billard demande une grande dextérité et un bon sens de la dynamique physique. Aidé par la réalité augmentée, il devient possible de voir les conséquences en temps réel et de prendre une bonne décision : ici faire entrer une boule en 1 coup. On peut y voir de grandes possibilités pour effectuer certaines tâches qui demandent davantage d’adresse ou de jugement.
Exemple 8: Reconnaissance de la réalité
Google a ouvert récemment Goggles dans son laboratoire, un outil de reconnaissance d’image: inutile de chercher, prenez une photo et les serveurs de Google feront du data mining pour vous. Inutile d’approvisionner un endroit de données au préalable, Google les collige au vol et les recoupe pour vous.
Cette catégorie se greffe la plupart du temps sur des « balises de géolocalisation » et offre une contextualisation des lieux, nous libérant de la signalétique statique et personnalisant notre expérience géospatiale en embarquant notre bibliothèque ou celle du réseau. Une sorte d’assistant personnel en mobilité. Les lieux peuvent ainsi « communiquer » ou recevoir de l’information en temps réel. C’est probablement le secteur où il y aura le plus de développement au début de cette décennie.
Catégorie 3: Connecter les objets et les bases de données
La réalité augmentée touchant l’Internet des objets cherche avant tout l’efficacité opérationnelle: avec l’apparition d’un plus grand nombre d’objets intelligents et mobiles, sensibles à l’environnement et connectés au réseau, l’information générée ou recoupée peut nous servir à mieux connaître notre monde. On pourrait y voir trois fonctions:
1- Émettre: diffuser un état ou information pour un usage à la périphérie
2- Capter: saisi des données environnementales
3- Traiter: analyse et recoupement qui permettent la rétroaction
Exemple 9: Le « statut » d’objet
Le pont de Londres tweet à qui veut l’entendre l’état de son pont-levis. Il émet son état et ses données peuvent être utiles à un autre objet sur le réseau (une GPS de voiture, un bateau, le service de sécurité de la ville)
Exemple 10: collectifs d’objets
Le projet de la Montre verte à Paris fait intervenir un dispositif personnel équipé de capteurs environnementaux qu’une trentaine de béta-testeurs dispersés sur le territoire utilisent pour enregistrer des donnés sur l’ozone et le bruit et en relayer les mesures en ligne. Seule, la montre ne sert pas à grand-chose. Collectivement, elle permet de collecter des données globales sur une ville à faible coût et sur une grande échelle.
Exemple 11: Les objets communicants
Les étudiants de MIT ont réfléchi à des usages possibles d’objets qui communiquent. Ici, un billet d’avion indique le retard dans sa mise à jour.
O’Reilley disait plus tôt cette année « The Web is gaining ears, eyes and other senses through smart sensors. This will be big. » Le web acquiert via des senseurs intelligents une connaissance du monde qui n’était pas possible auparavant de façon aussi peu coûteuse et personnalisée.
Associé aux médias sociaux, on peut s’attendre à un usage décuplé principalement pour tout ce qui concerne le côté social (sortie, rencontres, conférences, etc). Il y a évidemment un danger très grand pour la protection de la vie privée et il faudra rester sur ses gardes. Mais une chose est sûre, la différence entre le en-ligne et le hors-ligne ne fera plus grand sens à la fin de la présente décennie.
Cahier gratuit de 36 pages sur les réseaux sociaux en affaires.








11:44
Depuis le mois de décembre 2009 (quand j’ai écrit ce texte), la situation a évoluée surtout du côté de la première catégorie: de nombreux exemples grand public sont apparus dans les médias traditionnels (presse). J’en fais un portrait ici:
http://zeroseconde.blogspot.com/2010/03/introduction-la-realite-augmentee.html
On quittera bientôt le niveau anecdotique pour aller une intégration encore plus essentiel.