Manufacturières québécoises : adoption toujours timide du commerce électronique

Le commerce électronique tarde à se frayer un chemin dans les pratiques des entreprises manufacturières québécoises. Un peu plus d’une entreprise sur quatre n’a toujours pas de site web ou alors un site web qui contient peu d’information. Ce sont là les premiers résultats d’une étude exploratoire menée par Internet auprès de 209 entreprises manufacturières québécoises du 22 avril au 5 mai 2011.
Le site web de l’entreprise
Fait encourageant, près des deux tiers des répondants interrogés (63 %) affirment que leur entreprise dispose d’un site internet qui donne de l’information sur la plupart des produits et services offerts. Par contre, très peu ont un catalogue en ligne (7 %) ou effectuent du support après-vente en ligne (2 %). Enfin, il n’en demeure pas moins que 13 % n’ont pas de site web alors que 15 % disent en avoir un qui contient très peu d’information.
Faire ou ne pas faire de commerce électronique
Il n’est toutefois pas nécessaire d’avoir un site internet transactionnel pour faire du commerce électronique : celui-ci peut s’effectuer par un extranet ou par des réseaux de type EDI (échange de données informatisées). D’ailleurs, pour déterminer la proportion des entreprises manufacturières qui font du commerce électronique, une définition a été fournie aux répondants (voir l’encadré). Résultat : 28 % des entreprises manufacturières québécoises disent effectuer du commerce électronique.
Les entreprises qui en font (n : 58)
Pour effectuer du commerce électronique, le site web est utilisé par 68 % des entreprises, l’EDI par 42 % des entreprises et l’extranet par 9 % des entreprises.
- La grande majorité d’entre elles (82 %) investit moins de 10 000 $ annuellement dans les opérations de commerce électronique.
- Au cours des cinq prochaines années, 63 % des entreprises prévoient que le budget consacré au commerce électronique augmentera, que ce soit beaucoup (18 %) ou modérément (45 %).
- Près de six entreprises sur dix (58 %) ont modifié ou modifieront leur chaîne de distribution à cause du commerce électronique.
- Parmi les facteurs internes qui freinent le commerce électronique, le plus souvent mentionné est la nécessité d’améliorer la documentation des produits avant de procéder (photos, schémas, description de produits, etc.).
- Parmi les facteurs externes qui freinent le commerce électronique, on croit d’abord que la clientèle n’est pas prête.
- La gestion du commerce électronique est plus souvent confiée au département de marketing et communications (45 %) suivi du département des opérations (37 %).
- 70 % des entreprises qui font du commerce électronique se disent « assez satisfaites » de leur expérience jusqu’à maintenant; seules 8 % s’estiment « très satisfaites. »
Les entreprises qui n’en font pas (n : 151)
- Seulement 37 % des entreprises demeurées à l’écart du commerce électronique prévoient en faire au cours des cinq prochaines années.
- Le facteur interne le plus souvent cité comme frein au commerce électronique est que le produit s’y prête mal.
- Le frein externe le plus souvent mentionné est que le marché en ligne pour le type de produit fabriqué n’est pas suffisamment grand.
- Parmi les outils susceptibles d’inciter les entreprises à se lancer dans le commerce électronique, on note des histoires à succès et une meilleure information.
Méthodologie
- Ce sondage web a été mené du 22 avril au 5 mai 2011.
- La population cible est constituée des entreprises manufacturières québécoises.
- En tout, 209 entreprises ont participé au sondage. Étant donné le faible taux de réponse, les résultats doivent être interprétés avec prudence et utilisés à titre indicatif seulement.
- La marge d’erreur maximale pour les résultats qui touchent l’ensemble des répondants (209) est de 7 %, 19 fois sur 20. Elle augmente toutefois lorsqu’il est question des sous-groupes de l’échantillon.
À propos de l’auteure
Julie Fortin détient une maîtrise en administration publique de l’École nationale d’administration publique (ENAP), où elle a également fait sa scolarité de doctorat. Elle a débuté sa carrière à la Régie des rentes du Québec comme analyste à la Direction de la performance.
Après avoir travaillé de 1997 à 2007 concurremment à l’ÉNAP comme professionnelle de recherche et chargée de cours (méthodes de recherche), ainsi qu’à son propre compte comme consultante en évaluation de programme, elle a joint les rangs de SOM en janvier 2008 à titre de directrice des communications et chargée de projet. Depuis janvier 2011, elle est associée chez SOM.
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