Altitude Sports : des hauts, des bas et à nouveau des hauts

1 avril 2012 18:57 0 commentaire

Altitude Sports a ouvert sa première boutique physique alors que le Web et le commerce électronique n’existaient toujours pas. L’entreprise a débarqué sur le Web en 1999 afin de mieux répondre à la demande US en vêtements et équipements de sports d’hiver. Le succès immédiat s’est ensuite évaporé à la suite des restrictions de ses fournisseurs. Elle est revenue depuis avec force en recentrant ses activités sur le marché canadien.

Tout en desservant le Canada d’un océan à l’autre, ses principaux marchés restent tout de même le Québec, l’Ontario et dans une moindre mesure les provinces de l’Ouest. Les exportations aux États-Unis sont devenues marginales.

Altitude Sports a bénéficié au début du potentiel plus fort au Sud de la frontière alors que les consommateurs états-uniens étaient moins frileux que les Canadiens face aux achats en ligne. La croissance était au rendez vous et le marché mondial, tant vanté par les gourous, apparaissait comme une réalité pour une aussi petite organisation.

Malheureusement, les grandes marques ont sifflé le coup d’arrêt il y a environ 6 ans en voulant protéger dans un premier temps les revendeurs avec des magasins physiques. Finies les ventes mondiales, Altitude Sports ne fut plus autorisé à vendre plusieurs grandes marques en dehors du Canada et dut même suivre une liste de prix fixés par les fabricants. Alexandre Guimond, associé chez Altitude Sports, précise que ce fut un véritable casse-tête pour gérer toutes les exceptions dans le panier d’achat du site web.

Ce revers, qui aurait pu mettre un terme à la rentabilité du site, a contraint l’entreprise à se recentrer sur sa clientèle canadienne dont les achats outre-frontière se virent bloqués aux USA en vertu des mêmes changements aux règles de distribution. Entretemps, les acheteurs canadiens étaient devenus plus ouverts aux achats en ligne. Même coupée de ses grands fournisseurs américains, Altitude-sports.com a connu à nouveau plusieurs années de croissance.

L’arrivée des autres détaillants dans le paysage web canadien (Sporting Life, Mountain Equipment Coop) a débouché toutefois sur une concurrence accrue. La diversification  a permis d’aplanir ce nouvel obstacle dans une certaine mesure. Altitude-sports propose maintenant plus de 20 000 produits sous plus de 70 marques.

Centrées sur les habits d’hiver, ses ventes ont donc un fort accent saisonnier alors que pour chaque 1 $ de vente en printemps/été, la boutique réalise 10 $ de vente l’hiver. Elle traite alors de 50 à 300 commandes par jour pour 150 000 visiteurs uniques par mois. C’est dire si la première tempête hivernale est attendue dans les entrepôts! Même si elle a élargi son offre terrain avec une boutique à Tremblant en partenariat avec The North Face, Arc’teryx et Icebreaker en 2009, la vente en ligne est maintenant devenue le principal moteur de croissance de la marque Altitude Sports au Canada. 

Les problèmes n’ont pas cessé pour autant.

La fraude a représenté facilement plus de 30 000$ de pertes ces dernières années. Grâce à un meilleur contrôle, le chiffre est maintenant redescendu à environ 5 000$ par année. Les manteaux de grandes marques (à 600/1000$ pièce) attirent les trafiquants de tout genre. En amont, les banques ne sont d’aucun secours pour repérer les fraudeurs potentiels. En aval, les services policiers ne font rien pour retracer les fraudeurs même en leur fournissant l’adresse de livraison. Les suivis sont inexistants.

Différents mécanismes ont donc été mis en place pour détecter les fraudeurs : grille avec facteurs à risques (livraison express, contenu de la commande…), vérification manuelle de toute commande de plus de 500$, enquête sur Google et les réseaux sociaux sur l’acheteur. Les clients sans historique sont ainsi scrutés plus en détails, ce qui représente 30% des achats en été et 70% des achats de manteaux l’hiver.

Depuis ses débuts en ligne, Altitude Sports n’a cessé d’évoluer pour se concentrer dans les marques haut de gamme et les équipements techniques qui suscitent plus d’intérêt auprès de la trentaine d’employés. Le site veut devenir un comparateur de marques et proposer les meilleurs choix à sa clientèle en fonction de critères appropriés. Des bancs d’essais sont produits à cette fin sur son blogue ou sur sa chaine Youtube.

À propos de l’auteur

Cédric Fontaine est un cybercommerçant qui opère le site Terroirs Québec (www.terroirsquebec.com) depuis 2005. Il a exploité plusieurs autres boutiques en ligne depuis le début des années 2000 dans de nombreux domaines.

Il agit aussi à titre de développeur Web qui se spécialise dans la vente en ligne (solutions en code source ouvert avec maîtrise poussée de PrestaShop, optimisation et conversion de sites…).

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