Arrêtons de délirer à propos des réseaux sociaux
C’est devenu le délire sur les réseaux sociaux et dans les médias établis … à propos des réseaux sociaux en affaires. La dernière vogue est le f-commerce voulant que les ventes sur Facebook seraient sur le point d'exploser. Or l'effort suggéré aux entreprises par les chantres du domaine doit être de beaucoup relativisé sur le strict plan de la rentabilité. Pour toutes les entreprises qui ne maîtrisent pas les bases d’une présence efficace sur le Web, encore trop nombreuses, la priorité n’est certainement pas de se lancer sur les réseaux sociaux, surtout pas pour y faire du commerce.
Sinon, il va falloir qu’elles s’attèlent très fort à leur tâche dans la plupart des cas. Sucharita Mulpuru, vice-présidente et analyste principale pour Forrester, a sonné le tocsin à ce propos dès mars 2011 dans sa recherche « Will Facebook Ever Drive eCommerce? » réalisée pour shop.org. Elle en a tiré peu de temps après une conférence, « The Case For and Against Facebook Commerce », dont elle a rendu la présentation publique. En entrevue vidéo à Bloomberg en novembre dernier, elle notait que les ventes sur Facebook ne représentent que 1% du volume total du commerce électronique pour le moment et qu’elles risquaient peu de décoller à court terme.
Wô les moteurs !
Son propos à l’effet que le f-commerce était loin d’avoir fait ses preuves a eu peu d’écho sur les réseaux sociaux au Québec. En tout cas, pour ce que j’en ai vu en ne prétendant aucunement être un expert es réseaux sociaux locaux. Dans la presse conventionnelle et sur les sites professionnels américains, il fut remarqué sur un blogue du Wall Street Journal et par quelques sites professionnels comme l’excellent GigaOm. Ce fut loin toutefois d’être la traînée de poudre. En plus de Bloomberg par la suite, Business Week s’y est aussi référé en février dernier en observant que Gap, J.C. Penney, Nordstrom et Gamestop, qui comptait pourtant 3,5 millions d’amis sur sa page Facebook, avaient toutes les quatre fermé leur boutique Facebook au cours de 2011.
Cela aurait été indiqué aussi que Les Affaires s’y réfèrent à leur tour récemment pour fournir un portrait plus équilibré de la scène au lieu de se servir uniquement de la prédiction contraire de Gartner Group (à l'effet que 50% du commerce en ligne se ferait sur les réseaux sociaux et sur mobile d'ici 2015) pour appuyer un article intitulé « La révolution du magasinage social ». Mais bon, comme l’affaire n’a pas fait tellement de bruit, on les excuse pour cette lacune. En s'arrêtant un peu à la prévision de Gartner, il aurait été tout de même possible de la juger passablement exagérée (même en incluant les ventes sur mobile qui en sont encore à leur balbutiement ) en considérant qu'il ne reste que deux ans et demi avant qu'elle ne soit avérée.
L'auteur de l'article n’a droit par contre à aucune félicitation pour avoir accordé la parole uniquement au fournisseur d’un système spécialisé en f-commerce (et sûrement en conseil pour maximiser son impact) pour expliquer pourquoi Gap, J.C. Penney et Nordstrom avaient échoué. « En réalité, ils ont tout simplement adopté une mauvaise approche », nous apprend, bien entendu, Christian Taylor, président de Payvment, le fournisseur en question qui se révèle en même temps le seul partenaire agréé pour l’instant par Facebook en f-commerce. Tiens donc.
Sur Facebook même, mon ami Raymond Morin s’est servi récemment de la prévision de Booz & Co (fichier PDF) à l’effet que les ventes sur les réseaux sociaux atteindront 30 milliards $ d’ici cinq ans. Plus probable que celle de Gartner en doublant la durée de l’échéancier, elle n’en était pas moins utilisée pour transférer sa crédibilité à une infographie qui n’en a aucune. Produit par StoreYa.com qui se décrit comme une boîte qui s’y connaît en commerce social, ce beau graphique parle d’un taux de conversion de 20% sur Facebook, rien que dix fois plus élevé que celui de 2% rapporté par Mme Mulpuru à la page 14 de sa présentation.
Déjà vu
Il faut en prendre et en laisser avec les chiffres à propos d’Internet. Surtout quand on parle de prévisions. Je serais curieux de recenser toutes celles qui ont été faites pendant un an avant l’éclatement de la bulle Internet en mars 2000.
Le f-commerce, en prenant ses désirs pour des réalités, a autant de chances à mes yeux de ressembler à la mini-bulle qu'a été l'euphorie, il y a à peine un an et demi, autour des achats groupés à la Groupon et à la sauce ensuite de ses nombreux imitateurs, les Groupies qui ont proliféré tant le modèle était facile à copier, et tué du coup l'Eldorado.
Les achats groupés sont là pour rester. Mais pas au niveau que les initiateurs de la chose avaient espéré. Au surplus, ça leur coûte beaucoup plus cher en publicité qu'ils l'avaient anticipé.
Il faut donc cesser de voir dans les réseaux sociaux la panacée à tous les problèmes, d'autant plus que leur utilisation nécessite énormément de temps avant que ça rapporte vraiment. En s'attardant à leurs seuls mérites, peut-être jugera-t-on en effet qu'ils ne valent pas tous les efforts qu'on leur consacre.
Il faudrait peut-être par ailleurs qu'on cesse de nous faire valoir que les consommateurs potentiels sur Facebook frôlent le milliard. Rien de plus faux. Les entreprises à vocation locale, sûrement la très forte majorité, n'en ont rien à foutre. Leur bassin de clients potentiels se limite à leur rayonnement géographique quand elles vendent des biens physiques. Elles n'expédieront quand même pas un gugusse à 10 $ en Chine, d'autant plus qu'il a bien des chances d'en provenir … à ce prix !!!
Oui, les réseaux sociaux grand public peuvent s'inscrire à l'intérieur d'une stratégie globale de marketing Internet qui viendra soutenir l’emploi de tactiques qui ont fait leurs preuves depuis longtemps, et non l’inverse. À l’usage, on a compris aussi qu’ils ne remplaçaient pas complètement les médias traditionnels comme certains zélotes de l'approche l'avancent encore parfois.
Quand on s’arrête à tous les obstacles (un côté de la médaille dont on entend peu parler), il est clair que les réseaux sociaux, en particulier Facebook, ne conviennent pas à tous les types d’entreprises. Plusieurs ne pourront en tirer de retombées suffisantes par rapport aux efforts exigés. Sur certains marchés très pointus, il est impossible de faire résonner la corde sociale des produits parce qu'ils concernent très peu de gens et suscitent très peu d'émotion, sinon négative dans certains cas.
En exagérant pour me faire comprendre, je dirais que les fabricants de mines anti-personnel ont une côte à remonter sur les réseaux sociaux grand public comme Facebook, Twitter et Google +. Pour ne pas être accusé de mauvaise foi, ajoutons qu’un fabricant de contreplaqués va devoir faire preuve de beaucoup d'ingéniosité pour susciter l'engagement de ses clients sur Facebook. S’il veut faire progresser son chiffre d’affaires, il lui sera sûrement plus profitable de se faire des contacts sur LinkedIn avec les revendeurs de bois de construction que de tenter d'enflammer Facebook avec ses messages.
Attardons-nous aux obstacles pour une fois
Il existe naturellement des catégories de commerces plus favorisés par Facebook. Il est évident que tous ceux actifs en tourisme (avec version anglaise préférablement), restauration, divertissement, loisirs ou dans la vente de produits associés au statut social et aux goûts variés de leurs acheteurs, ont des chances d'y trouver leur compte. S'il est vrai que ça fait beaucoup de monde, il n'en demeure pas mois qu'il faudrait s’attarder aussi cependant à la liste de tous ceux qui risquent davantage d'y perdre leur temps.
Parce qu’on oublie trop souvent que plus on a de contacts sur Facebook et Twitter, plus il faut leur accorder du temps. Avec un peu de succès, il faudra vite leur consacrer un poste à plein temps pour entretenir leur intérêt et répondre promptement quand ils daignent réagir. Toujours en leur adressant des messages différents et parfaitement désintéressés à chaque fois (sous peine d'être qualifié de polluposteur) s’il faut en croire les gourous du phénomène. Est-ce que ça en vaut toujours la chandelle sous forme de retombées en espèces sonnantes? Pas sûr.
Il faut aussi adapter le look de sa boutique ou de sa page constamment aux changements imposés par Facebook. Quand on ajoute ces frais de conception à ceux beaucoup plus élevés de l'animation (tel que mentionné au paragraphe précédent), cela peut finir par coûter aussi cher qu'un site en bonne et due forme dont on contrôle par contre soi-même toutes les fonctionnalités.
Ces obstacles ne représentent pas une montagne pour les grandes entreprises qui disposent de spécialistes en communication qui peuvent se porter volontaires pour se frotter aux réseaux sociaux, situation idéale, et/ou d'un budget suffisant pour se faire guider par des agences ou des experts à leur compte que l’on souhaite compétents.
Le problème pour les PME est que que peu d'entre elles ont le sens des communications. Très souvent, elles ont un vice-président marketing qui doit tout faire avec un maigre budget en étant forcé de déléguer à l’externe la moindre opération d’envergure.
Sur les réseaux sociaux, il faut malheureusement gérer les communications au maximum à l'interne si on veut projeter l’authenticité souhaitable (facteur majeur de succès) et avancer sans défoncer la tirelire. De toute façon, les agences compétentes ne font que du conseil dans le domaine, le seul bout où elles peuvent justifier le taux horaire de leur personnel. De véritables experts individuels (il y en a parmi tous ceux qui s'attribuent ce rôle), moins chers qu'une agence, accepteront parfois de gérer au début la production des messages sur une base quotidienne ou hebdomadaire afin d’aider leur client à prendre son envol.
Respecter les priorités
Les meilleurs consultants proposeront effectivement un transfert de connaissances visant à rendre le client autonome dans les plus brefs délais. S’ils n’agissent pas ainsi, ils sont de très mauvais conseil. Parce qu'on est toujours mieux servis par soi-même que par qui que ce soit sur les réseaux sociaux.
Le problème des réseaux sociaux est finalement de dépendre beaucoup trop des contenus alors que cet ingrédient, malgré qu’il soit qualifié de majeur par les experts en marketing Internet, est encore celui pour lequel on veut payer le moins cher. C'est pour le moins paradoxal parce qu’il s’agit de l’un des principaux facteurs de distinction.
D’ailleurs, même avec des agences chères ou des experts individuels compétents, il ne faut pas s'attendre à des résultats mirobolants au bout de deux mois. Par définition, les miracles surviennent rarement.
Mais attention !!! Mon intention n’est pas de jeter le bébé avec l’eau du bain. Les réseaux sociaux ont fait leurs preuves notamment en service à la clientèle, bonne image corporative, gestion de crise (tout en étant aussi eux-mêmes à l’origine de crises par ailleurs quand on s'y fourvoie) et consultation des fans (aussi efficaces et plus économiques sur ce plan que des groupes de discussion face-à-face). On pourrait allonger la liste. Il faut donc y venir pour les bons objectifs. Et aussi après avoir fait ses devoirs en matière de tactiques dont le retour sur investissement ne fait pas de doute.
Pour obtenir la croissance des ventes quand les budgets sont limités, ce qui est fréquent, il vaut mieux se concentrer sur l'optimisation de son site par analytique des données de fréquentation, s'engager en référencement sur les moteurs de recherche (SEO) si ce n'est pas fait, utiliser le courriel (en amassant systématiquement les adresses de ses clients face-à-face) pour entraîner la répétition des ventes et acheter des AdWords pour renouveler la clientèle. Ces quatre tactiques ont déjà fait leurs preuves. Si on ne les maîtrise pas encore, mieux vaut s'y mettre avant de bifurquer intensément sur les réseaux sociaux.
Les gens ne viennent pas sur Facebook pour magasiner. Et plusieurs sont réticents à y faire leurs achats parce que le réseau a trop souvent tourné les coins ronds en matière de vie privée.
Nos experts locaux se gardent de réagir
Cette démystification des réseaux sociaux résulte de la mise en ordre d’une discussion que j’ai démarrée sur Linked Québec et de messages que j’ai faits à son propos sur Facebook. Même après avoir invité directement au moins trois observateurs réputés des réseaux sociaux à se joindre à la discussion, aucun ne s’y est immiscé. Est-ce que leur silence me donne raison ?
Pas nécessairement. Je pourrais avoir tort.
Facebook pourrait, en se réinventant sur ses bases, devenir le roi du phénomène SoLoMo (Social, Local, Mobile) dont le potentiel est effectivement énorme. Mais ce n'est pas gagné d'avance. Le réseau de Zuckerberg va rencontrer sur son chemin Google et Apple qui, en plus de leurs profits nets sans aucune mesure avec ceux de Facebook, contrôlent également les systèmes d'exploitation des mobiles intelligents les plus répandus. Facebook a certes des chances de figurer parmi les cinq joueurs majeurs de ce marché en train de prendre forme. Mais, trôner en tête est loin d'être fait. Calmons-nous un peu.
Pour ceux que ça pourrait intéresser, je vous signale que notre organisation, la Coop Innov X.0, collabore à la tenue d'e-Tactiques Laval 2012 le 12 juin à Laval et publiera un cahier sur le même sujet ici même. Cet événement, dont le thème est l'ABC du marketing Internet pour PME, s'adresse aux PME qui s'apprêtent à faire leur entrée sur Internet ou revoir une approche qui a livré des résultats anémiques jusque là. Tout en n'oubliant pas les réseaux sociaux, nous nous sommes attardés plus volontiers aux tactiques qui fonctionnent comme le référencement naturel et les envois massifs de courriels. On en entend trop peu parler parce qu'elles ne sont pas à la mode.
En guise d’avant-goût, je vous réfère à ce texte, « Les tactiques de marketing Web les plus efficaces », qui a été publié dans notre dernier cahier « Commerce électronique, l’or dans les nuages ». C’est toujours préférable de regarder le revers de la médaille.
Si vous vous êtes rendus jusqu'ici et que vous n'êtes pas d'accord, j'apprécierais beaucoup que vous laissiez un commentaire ici ou sur le fil de discussion de Linked Québec.










Cahier gratuit de 36 pages sur les réseaux sociaux en affaires.









06:06
Bonjour M Lapierre,
Je suis enchantée de découvrir aujourd'hui l'existence de ce fil de discussion que je m'empresserai de suivre. Intéressée par les réseaux sociaux, j'ai justement consacré des heures +++ pour me connecter sur Twitter, Facebook et Google+. J'aimerais ici appuyer votre commentaire sur l'importance de devenir autonome quant au contrôle du média utilisé pour faire des affaires sur Internet. J'ai récemment réalisé la vulnérabilité d'une page FACEBOOK lorsque celle-ci ne fonctionne plus à cause d'un problème technique auquel je n'avais aucun contrôle…Cela m'a fait comprendre à quel point il est important de ne pas mettre tous nos oeufs dans le même panier! J'aime bien lorsque vous privilégiez la gestion des communications au maximum à l'interne, basée sur l'authenticité! Au plaisir de vous suivre sur ce blogue.
15:14
Sans avoir pris le temps de lire ton texte, qui, à l'aune du temps dont je dispose cet après-midi me semble beaucoup trop long, je pense que tu as en partie raison. Cela dépend en fait si tu envisages de mesurer l'efficacité des médias sociaux comme celle des médias de masse, ce qu'ils ne sont pas.
Je m'intéresse pour ma part à leur dimension "médias de niche", pour converser avec ma famille, ma gang, mes communautés, etc. Le but n'est pas d'y faire du chiffre ou d'y vendre de la pub, c'est d'y créer de la valeur en servant ses parties prenantes. Quand l'une de mes captations de conférence ou formation est appréciée par 50 personnes, elle est aussi efficace qu'un professeur face à 50 apprenants tout en mobilisant moins d'énergie et d'argent. Et quand l'un de mes reportages rapporte dix fois son coût en chiffres d'affaires à mon client, peu importe qu'il soit généré par mille ou un seul nouveau client.
Quant aux prédictions qui se sont avérées excessives ou fausses, que cela nous serve de leçons. Il n'y a pas plus d'experts des médias sociaux que de beurre en broche, il n'y a que des intuitions plus ou moins réalistes et des expériences plus ou moins réussies.
Ami Calmant,
–
C.A.
16:13
Salut Christian, pour quelqu'un qui n'a pas pris le temps de lire le texte au complet qui est ma foi effectivement très long, tu as au moins compris le sens de mon intervention. Que veux-tu ! Quand je frappe fort, j'ai de la difficulté à faire court. Je veux être sûr d'être compris.
Dans ton cas, c'est évident que ça peut avoir une utilité certaine. Ce dont j'ai ras-le-bol, c'est du discours sur les réseaux sociaux qui s'attarde juste aux beaux côtés en faisant miroiter à l'ensemble des entreprises des retombées qui ne vont se matérialiser qu'après beaucoup d'efforts. Et maintenant, on veut nous faire croire que les ventes sur Facebook vont connaître une véritable ascension en se basant sur des extrapolations complètement bidon. C'est évident que l'entrée prochaine en bourse de Facebook a de quoi à voir avec tout ce bavardage.
Ça me fait fulminer. Mon côté Taureau sceptique s'insurge. Je ne ferai pas de recherches sur les études bidon qui ont paru avant l'éclatement de la bulle Internet en mars 2000.
Je vais juste citer un livre, « The Long Boom » http://amzn.to/L3zr8g de Peter Schwartz, patron de Global Business Network (GBN), une société de futuristes pour laquelle j'avais un certain respect jusqu'à la publication de ce livre en septembre 1999, six mois avant l'éclatement de la bulle. C'est étonnant que l'entreprise ait survécu à une aussi monumentale foutaise.
Démarré par un long texte (bien plus long que le mien) dans Wired deux ans avant http://bit.ly/JAZL5M, le livre avait comme sous-titre « A Vision for the Coming Age of Prosperity .» Il était présenté ainsi par Wired : « We're facinq 25 years of prosperity, freedom, and a better environnement for the whole world. You got a problem with that?» Oui, j'avais un problème avec ça. C'était le summum de la bullshit que j'avais vu jusque là.
La thèse de Schwartz, pour affirmer que le temps des récessions était fini, reposait sur le fait qu'il était rendu possible, grâce aux technologies de l'information, de réduire les inventaires (facteur de récession quand ils dépassent trop la demande du moment) à leur plus simple expression. Il n'avait tout simplement pas tenu compte que l'économie ne reposait plus depuis un bon bout de temps sur le seul sort des manufacturiers. Les délires financiers, menés au profit des entreprises technologiques à la fin du XXe siècle et des entreprises financières elles-mêmes au milieu de la décennie suivante, avaient pris beaucoup plus d'importance que le déséquilibre de l'offre et de la demande pour les biens physiques.
C'est ce qui arrive quand on prend ses désirs pour la réalité.
09:20
Heureux de voir que j’ai enfin de la compagnie. Les médias sociaux peuvent être efficaces; les organisations ont cependant le devoir de mesurer et d’établir s’ils le sont *pour elles* et non suivre la mode par craindre d’avoir l’air dépassées
08:31
Pas facile d'ajouter à un billet aussi complet.
Je suis 100% d'accord. Les réseaux sociaux et Facebook en particulier sont démesurément gonflés en termes de valeur. Pas toujours mais très souvent, je les déconseille à mes clients. Pour eux, il vaut mieux investir dans un bon site web bien référencé. Une fois cette condition remplie, Facebook et Twitter peuvent être envisagés.
Je me lance dans une prédiction: Facebook va se planter en bourse en 2014 ou 2015. Les attentes ont été gonflées pour maximiser le prix d'entrée en bourse. Quand les investisseurs vont s'apercevoir que la machine ne génère pas les revenus anticipés, la plateforme se prêtant mal à la publicité et au commerce, la bulle va éclater et ça va faire mal.
09:59
Salut Vallier,
J'ai suivi ton fil de discussion sur LinkedIn et j'ai voulu en avoir le coeur net sur ta pensée à ce sujet. J'ai été servi par ce billet! Tu "fesses dans le dash", comme on dit, mais tes propos sont somme toute très pertinents. Il y a effectivement bien des gens qui semblent ivres d'avoir bu le kool-aid des médias sociaux, les empêchant de penser…
Je retiens surtout un paragraphe de ton texte: "Les réseaux sociaux ont fait leurs preuves notamment en service à la clientèle, bonne image corporative, gestion de crise (tout en étant aussi eux-mêmes à l’origine de crises par ailleurs quand on s'y fourvoie) et consultation des fans (aussi efficaces et plus économiques sur ce plan que des groupes de discussion face-à-face). On pourrait allonger la liste. Il faut donc y venir pour les bons objectifs. Et aussi après avoir fait ses devoirs en matière de tactiques dont le retour sur investissement ne fait pas de doute"
Voilà, pour moi, l'essentiel réside dans ces quelques phrases. Si une compagnie prend le temps de bien établir ses stratégies, pourquoi elle souhaite établir une présence sur Facebook, LinkedIn ou Twitter, quels objectifs elle va poursuivre et comment ils seront mesurés, cela devient alors une question d'exécution. Et là, on entre dans un tout autre débat.
Bref, un bon topo qui porte à la réflexion. Merci!
Frédéric
18:52
Publié sur LinkedIn, dans une discussion du même auteur sur le même thème, je vous fais un copier/collé, à l'identique, de mon commentaire.
Suite à un pavé qui est inopinément tombé dans ma marre, je suis venu lire cette discussion, fort intéressante et significative, s'il en est . . .
Certes, les réseaux sociaux ne sont pas la panacée universelle, ces réseaux sont avant tout « sociaux » . . .
Et pour le « cash », nombreux sont ceux qui tentent de les détourner au profit des « ventes » et parfois, mais plus rarement du « marketing » . . .
Mais, là, il ne faut pas confondre « la vente» avec le « marketing » . . . Qui sont deux choses très différentes . . . Une erreur, fort commune, dans l'action commerciale locale.
Cette confusion est en partie la cause du faible rendement de l'utilisation commerciale des réseaux sociaux . . . Qui pour l'instant sont utilisés, sans beaucoup d’imagination comme des « Publisacs » électroniques . . . Hormis quelques cas spécifiques qui ont utilisé comme levier l'attrait social personnel (cadeaux, flatterie, etc.) pour tenter de déclencher un effet viral.
Des cas qui ont coûté très cher, pour des résultats difficiles à mesurer.
Les réseaux sociaux sont envahis d'apprentis sorciers, de gourous autoproclamés, de résultats faussement mirobolants, ou celui qui faisait 1000 $ de ventes annuelles et qui avec l’appui de réseaux sociaux en fait 2000 $, proclame 100% d'accroissement du chiffre d'affaires, c’est mirobolant en pourcentage, mais pas en chiffre d’affaires. Mais de combien s'accroitra le chiffre d'affaires de la PME qui fait entre 500 000 $ et million de $ de chiffre par année ? De 0.5 à 2 % ?
Les grands argentiers de FaceBook et autres réseaux sociaux qui se veulent maintenant délibérément « mercantiles » plus que sociaux devraient repenser à la trajectoire commerciale de type missile stratosphérique, de leur prédécesseur « Second Life » qui fut pendant un certain temps le Nirvana de l'investissement dans le monde virtuel, un peu comme se payer un petit lopin sur la lune . . . Et pourtant, nombreux furent les géants de l'économie qui se payèrent, qui une île, qui une vallée . . . Et, où sont passés les millions perdus par une meute assoiffée de profits vite faits ?
Histoire, histoire, quand tu ne nous tiens pas.